CARDIOMYOPATHIE HYPERTROPHIQUE

Qu’est-ce que c’est ?


La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) est une maladie cardiovasculaire courante et héréditaire qui touche environ une personne sur 500. Elle est causée par une mutation génétique qui se produit dans les muscles du cœur. Les « mutations » sont des changements au sein de l’ADN d’un individu qui peuvent entraîner un mauvais fonctionnement des cellules de l’organisme et qui peuvent être transmises de génération en génération. La HCM peut entraîner une hypertrophie du cœur qui rend une personne plus susceptible d’avoir un rythme cardiaque irrégulier (également appelé arythmie), un accident vasculaire cérébral, une insuffisance cardiaque ou une crise cardiaque.

Symptômes/Risques


Les personnes peuvent ne présenter aucun symptôme, mais il y en a qui meurent soudainement. La HCM est sans doute la cause la plus fréquente de mort cardiaque subite chez les athlètes aux États-Unis, représentant environ 1/3 des causes connues de ces décès. Elle entraîne un taux de mortalité de <1% par an. Des symptômes d’insuffisance cardiaque peuvent apparaître, ou une personne peut développer un problème d’arythmie cardiaque, comme la fibrillation auriculaire, qui peut rendre plus probable la survenue d’un accident vasculaire cérébral. De nombreuses personnes atteintes de HCM ne présentent aucun symptôme et peuvent espérer avoir une durée de vie relativement normale.

Évaluation et traitement de la médecine du sport


La HCM est souvent diagnostiquée par un échocardiogramme (une échographie du cœur) ou une IRM cardiaque. Les patients ayant des antécédents familiaux de HCM peuvent subir un test génétique ou un échocardiogramme pour identifier la maladie. Le traitement dépend principalement de la gestion des symptômes associés. Un défibrillateur cardioverteur implantable (DCI) est souvent utilisé pour espérer prévenir la mort cardiaque subite, et a contribué à réduire le taux de mortalité associé à cette affection. Ce dispositif est placé chirurgicalement sous la peau pour suivre le rythme cardiaque d’une personne et détecter les battements anormaux. Il peut délivrer un choc pour arrêter les battements anormaux du cœur s’ils se produisent. Une transplantation cardiaque en cas d’insuffisance cardiaque grave, ainsi que d’autres interventions chirurgicales, peuvent également être envisagées.

Prévention des blessures


Un examen physique de dépistage peut révéler des résultats anormaux. Des anomalies peuvent être observées sur un électrocardiogramme (ECG), si celui-ci est obtenu, ce qui amènerait un clinicien à demander une échocardiographie et un bilan plus approfondi. Il peut être conseillé aux personnes diagnostiquées de prendre des médicaments, comme des bêtabloquants, ou de recevoir un DAI, afin de prévenir la mort cardiaque subite.

Retour au jeu


Au cours des années précédentes, l’avis des experts recommandait que : (1) les athlètes qui ont des preuves génétiques de la maladie, mais qui ne présentent pas d’hypertrophie cardiaque à l’échographie ou à l’IRM cardiaque, et qui n’ont pas de symptômes cardiaques, peuvent participer à des compétitions sportives après qu’une décision éclairée ait été prise par l’athlète, son médecin et l’équipe ; et (2) les athlètes diagnostiqués avec une HCM qui présentent des preuves d’hypertrophie cardiaque ne devraient pas participer à des compétitions sportives, à l’exception des sports de faible intensité comme le billard, le bowling, le golf, le cricket, le curling et la carabine. Cependant, les récentes directives 2015 de l’American College of Cardiology et de l’American Heart Association suggèrent qu’un athlète équipé d’un DAI peut participer à des sports si aucun choc visant à corriger l’arythmie n’a eu lieu dans les trois mois. En supposant que l’athlète a été pris en charge médicalement ou chirurgicalement de manière appropriée, et que l’athlète et sa famille sont informés d’un risque accru de chocs appropriés et inappropriés avec le sport, ainsi que d’un risque faible mais réel de défaillance du DAI, alors, en fin de compte, la décision finale concernant le retour au jeu devrait revenir à l’athlète et à sa famille.

Auteurs membres de l’AMSSM
Scott Annett, MD et Irfan Asif, MD

Références
Maron B, Udelson J, Bonow R, et al. Recommandations d’admissibilité et de disqualification pour les athlètes de compétition présentant des anomalies cardiovasculaires : Task Force 3 : Cardiomyopathie hypertrophique, cardiomyopathie ventriculaire droite arythmogène et autres cardiomyopathies, et myocardite. Une déclaration scientifique de l’American Heart Association et de l’American College of Cardiology. J Am Coll Cardiol. 2015;66(21):2362-2371. doi:10.1016/j. jacc.2015.09.035

Prutkin JM, Ackerman MJ, Drezner JA. Athlètes avec défibrillateurs cardioverteurs implantables : peuvent-ils revenir au sport de compétition ? Heart 2016 102 : 93-94. doi : 10.1136/heartjnl-2015-309152rep